Tell me I am pretty so I can sleep at night – Marie Dhaese

Tell me I am pretty so I can sleep at night – Marie Dhaese

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Tell me I am pretty so I can sleep at night… derrière ce titre mystérieux se cache un de nos coups de coeur du dernier Liège Photobook festival. Une autoédition intense et romanesque signée par la photographe Marie Dhaese et l’auteur Reindert Vermeire.

Quelle est l’origine de Tell me I am pretty so I can sleep at night ?

Tout a commencé début 2017. Je voulais absolument faire un livre dans lequel le texte et l’image auraient une place centrale. J’avais pour cela besoin d’un auteur et j’ai contacté Reindert Vermeire, un ami écrivain. Nous sommes partis une semaine en Italie, en mars 2017, pour évoquer et « tester » notre collaboration. Après ce séjour, cet ami m’a envoyé un document dont j’ignorais jusque là l’existence : un journal qu’il tenait à mon sujet depuis trois ans… Tous deux bouleversés, nous avons décidé de retourner en Italie pendant un mois, et d’utiliser ce journal comme base de notre histoire.

Tous les textes nés durant ce voyage, du premier au dernier jour, sont inclus dans le livre. Ils sont essentiels pour comprendre l’histoire qu’il renferme. Images et textes sont totalement dépendants. Cela se traduit physiquement dans la conception du livre : au milieu de celui-ci, on peut retirer un petit livret. Mais lorsqu’on l’enlève, un vide se crée dans l’ouvrage… Images et textes ne peuvent fonctionner les uns sans les autres.

Pourquoi avoir choisi la forme d’un livre photo pour présenter ce travail ? A-t-il fait l’objet d’une exposition, d’un site web dédié, de comptes sur les réseaux sociaux… ? Si oui, comment s’articulent ces différents modes de partage au public ?

J’ai une relation spéciale avec la production de livres. Dès ma première année à la KASK (Koninklijke Academie voor Schone Kunsten à Gand), j’ai présenté mon travail sous forme de livres. Je trouve que c’est important de montrer de cette manière le récit, la ligne d’une histoire. Le spectateur peut voir où je veux aller avec mes images, sans qu’il y ait besoin de le dire explicitement.

Ce travail a également été présenté lors de deux expositions. Un certain nombre d’images étaient encadrées, ce qui était un grand obstacle pour moi. Comment exposer, présenter les textes alors ? Lors du lancement du livre, j’ai choisi de couper certains textes du récit et de les intégrer à des « images objets ». Je trouve que c’est difficile de diffuser des textes via les médias sociaux, tout simplement parce qu’on doit lire de A à Z avant de comprendre vraiment l’histoire. La forme idéale pour ce projet reste donc le livre.

Qu’est-ce qui a guidé vos choix formels pour ce livre (type de papier, de reliure, format…) ?

Le choix de cette forme – un livret dans le livre – s’est imposée parce qu’elle collait parfaitement avec le concept du projet. Le sens du travail de mon ami écrivain ne peut s’exprimer pleinement sans mes photos, et inversement. Les parties textes et photos peuvent être dissociées physiquement et lues indépendamment, mais on sent qu’il manque quelque chose… cette forme était idéale pour exprimer ce lien. Pour le papier, notre s’est choix porté sur un papier plus tôt mat, pour traduire une rugosité et l’atmosphère de rêves des images.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Quels ont été les grandes étapes et principaux défis pour la réalisation de ce livre ?

Tell me I am pretty so I can sleep at night est en fait mon travail de licence. J’avais d’abord produit trois maquettes de cette publication. L’éditer à 200 exemplaires n’était donc pas prévu à la base… mais lorsque j’ai présenté la maquette au festival Unseen à Amsterdam, elle a été remarquée par Guy de Lombaert, un collectionneur d’art et de photos. Il m’a aidé à lancer le livre sur le marché.

Nous avons commencé à corriger la maquette fin 2017. La chose la plus importante pour moi, à ce moment là, était que les gens parlaient de mon travail. Une bonne coopération avec l’imprimerie a été fondamentale dans cette expérience d’autoédition. Nous avons eu la chance que la personne responsable de l’imprimerie soit également fan de notre livre… il nous a donné beaucoup de trucs et astuces !

Comment procédez-vous pour la distribution du livre (dépôt en libraires, vente en ligne…) ?

Il est important de prendre contact avec les bonnes personnes, de ne pas avoir peur de parler aux gens, d’oser leur demander de présenter ton livre avec les autres dans leur magasin. C’est tout un défi ! Ce n’est toujours pas évident de vendre ton travail et de convaincre des gens. S’inscrire à différents concours me semble aussi essentiel… même si un concours reste un concours…

Je pense que la meilleure chose à faire est d’organiser un vrai lancement au moment de la publication de votre premier livre. C’est enrichissant de pouvoir présenter directement votre travail à des gens… et c’est aussi très agréable !


Retrouvez le travail de Marie Dhaese sur Instagram et sur son site Internet.

Pour rappel, le festival invitait tous les photographes à déposer gratuitement la maquette de leur livre non publié ou leur livre auto-édité pour les faire découvrir au public et aux professionnels présents pendant le festival.

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