Notices : Marchin

Notices : Marchin

1772 1772 Justine

Il vous reste deux weekends pour emprunter les chemins de la 8e Biennale de Photographie en Condroz. Cette semaine, nous évoquons les 8 expositions de la boucle de Marchin (8 autres vous attendent à Tahier).

1 / La Cure

Le parcours s’ouvre avec un Cabinet de curiosités tout photographique. Objets (re)trouvés, images insolites et fantaisies dévorent les murs… et la fenêtre dans une accumulation aussi poétique qu’anachronique. Parmi les appareils anciens se serrant dans les belles vitrines, l’oeil débusque des Brownie. Ludique, chronophage (les minutes semblent s’évaporer dans cette pièce !), et savoureux.

© Jacqueline Roberts

2 / Centre culturel de Marchin

De Jacqueline Roberts, on découvre deux types de travaux très différents mais qui ont en commun d’approcher l’enfance avec une mise en scène soignée et une grande douceur. La photographe présente notamment une onirique série réalisée avec le procédé du collodion.

Anne Greuzat expose des images issues de Tempo Largo, dont le titre suggère un moment lent, propice à la contemplation. On ne peut donc s’empêcher de sourire en voyant les enfants traverser la pièce rapidement, le rouge aux joues ou les mains retenant un rire embarrassé. Les nus endormis et les paysages finlandais enneigés se laissent approcher avec intimité dans l’ouvrage paru à l’occasion de la Biennale.

Scientifique de formation, Paul Nougé est un poète considéré comme le théoricien du surréalisme en Belgique. La Biennale expose La subversion des images, une série de photographies réalisées entre 1929 et 1930. La subversion qui y est mise en jeu reprend un propos majeur du surréalisme : introduire du rêve et du merveilleux dans la banalité du réel. Retrouver les clichés les plus connus et en découvrir d’autres est un délice pour l’imaginaire.

Ces images sont accrochées en alternance avec celles du photographe flamand Karel Fonteyne. On retrouve effectivement des références au surréalisme dans son travail. Ne vous fiez donc pas trop vite à votre première impression quand vous regardez ses photos… leur construction révèle quelques surprises.

3 / Bistro

Les Sous-titres du bruxellois Marc Guillaume interrogent le rapport entre le réel et la fiction, juxtaposant des images mises en scène et des fragments narratifs empruntés ailleurs. Les amateurs de cinéma belge ne pourront s’empêcher de chercher dans quel(s) film(s), courts et longs, ils ont déjà vu les acteurs « jouant » ici les modèles.

4 / Maison de Mme Vanandruel et M. Massuir

Le lieu et son « dispositif » permettent de s’installer confortablement pour découvrir les photos et les courtes vidéos contemplatives de Xavier Istasse. On regarde tout ouïe, les dimensions sonore et musicale ayant aussi une grande importance dans son travail. Le voyage se termine, Ici, à Marchin.

© Sian Davey, Winter Virus

5 / Ferme de l’Aître chez M. et Mme Masset

Photographe depuis peu d’années, la britannique Sian Davey est lauréate du troisième Prix Virginia, qui distingue des femmes photographes. Son sujet, c’est sa famille. Une famille comme toutes les autres : particulière. Devant son intime série Looking for Alice, ce sont pourtant des émotions universelles qui affluent. Et si on aime définitivement l’image de choisie pour l’affiche de cette édition de la Biennale (elle est encadrée chez BrowniE), on aurait fortement hésité avec ce portrait de la petite Alice endormie…

A l’étage et dans une jolie pièce à l’extérieur de la maison, ce sont les photos nées du stage ados animé par Sarah Joveneau que l’on découvre. Elles témoignent d’un bel engagement des participants et constituent de réelles séries.

6 / Eglise de Grand-Marchin

A propos de cette série, la photographe française Marie Moroni parle d’une rencontre intime et muette. Elle est née de sa rencontre avec des femmes dans un petit village du Rwanda, où elles venaient de reprendre le travail dans un atelier broderie. Une activité interrompue pendant 19 ans suite au génocide… Ibaba semble, pour le visiteur aussi, une observation silencieuse et réciproque.

© Jean-François Flamey

7 / Maison de M. et Mme Chapelle

La forme, profondément singulière; le fond, comme un miroir. Jean-François Flamey expose dans une pièce au rez-de-chaussée d’une maison familiale. On voudrait y être enfermé par mégarde à l’heure de la fermeture de l’exposition, trop absorbé sans doute par son premier livre, Non-Dits, tout juste paru chez Yellow Now. On pourrait alors s’allonger sur les jolis pavés de ciment, regarder la nuit tomber sur ses images (nombreuses y sont nées), et être le témoin ému de leurs dialogues dans la pénombre.

8 / Cidrerie de M. Divan

C’est une réalité entremêlée à une fable moderne que nous conte le français Didier Bizet. Avec Pyonggyang-Paris, il met en scène la visite d’un touriste nord-coréen à Paris… comme des guides avaient organisé pour lui une découverte de Pyongyang. Ces clichés des « clichés parisiens » interrogent ce qui nous est montré, et plus encore caché, de la Corée du Nord. Quelques grandes images de Russie, enfin, tracent l’Itinéraire d’une mélancolie à l’extérieur de la bucolique cidrerie où l’on clôture cette première partie de visite un verre à la main.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le récit de notre promenade à Tahier !


8e Biennale de Photographie en Condroz 

Jusqu’au dimanche 27 août.
Expositions ouvertes les week-ends de 10 à 19h.
Entrée : 5,00 € (permet de visiter toutes les expos), gratuit pour les moins de 12 ans. Départ depuis le Centre culturel de Marchin ou le chalet au croisement de la rue de Tahier et du chemin de Saint-Fontaine.
Tous les détails sur : www.biennaledephotographie.be

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