Mégane Likin

Vibrer !

Mégane Likin

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Mégane Likin : Vibrer !

Qu’est-ce qui, en photographie, vous fait vibrer ?

Il y a en photographie, le travail du réalisateur Russe Andreï Tarkovski, qui capture de « simples » moments de son quotidien. J’ai l’impression, en observant ses photos, qu’il traduit la mélancolie du temps qui passe, en captant des instants fugaces pour certains.

Des choses simples, et remplies de poésie, son travail m’a profondément touchée, découvert que très récemment et pourtant, je m’y retrouve complètement.

Et c’est ça, la photographie pour moi, capter des instants qui ne seront plus, les traduire, d’une certaine manière, à l’aide de la lumière, de la couleur. Des choses parfois intangibles.

Quel son vous fait vibrer ?

De ces mélodies qui me renvoient directement à mon imagerie mentale en passant par de nouvelles écoutes qui me provoquent des sensations oubliées. La musique est pour moi source de réconfort. Extase, il n’y a pas une journée sans que je n’en écoute pas.

Il me plait d’échanger à travers la musique. Je trouve que c’est un moyen ‘assez simple’ pour qui est capable de la recevoir. Envoyer un titre particulier à un(e) ami(e), en ayant volontairement sélectionné le morceau.

D’ailleurs, à la suite de nos échanges,  grâce à François Goffin (photographe), j’ai découvert Max Richter et j’ai particulièrement aimé ‘November’ issue de l’album ’ Memoryhouse’, que j’ai également retrouvé dans le film ‘ Werk Ohne Auter’.

La musique dans mon travail apparaît de manière sous-jacente à la création, néanmoins détrompez-vous, si vous ouvrez l’œil grand elle est présente, et bien présente, jusque dans l’accrochage de mes pièces, réparties sous forme de mélodie, avec ses respirations, visuels ici, et ses nuances.

« Récemment exposée à La Boverie et sélectionnée pour le prix de la création, proche de Charles-Henry Sommelette, Mégane Likin (Belgique, 1994) a traversé le bain propice ou le laboratoire nourricier de l’Académie des Beaux-Arts de Liège, puis le déclic libératoire, salutaire, d’un départ pour l’Angleterre. En chemin : des soutiens, des amis. Dans le lointain des références : les solitudes et les attentes d’Edward Hopper, et puis la bouleversante Jeune orpheline au cimetière de Delacroix. Enfin, courageusement posée sur un horizon plus éloigné encore, La recherche du temps perdu de Marcel Proust…
À mieux envisager cette jeune praticienne multidisciplinaire (photographe, mais aussi et surtout dessinatrice et peintre, de formation et de prédilection…), on comprend peu à peu qu’il ne s’agit pas que de contemplation ni même vraiment de paysage dans ce travail ; elle peint des souvenirs, résurgences vagues et précises qui pourraient être les nôtres, et dont la fragilité et l’apparence d’inachèvement nous font comprendre qu’ils émanent d’une matière changeante, évolutive. La mémoire n’est pas faite d’instants gravés pour l’éternité, immuables, comme a parfois tenté de nous le faire croire certaine pratique de la photographie. Elle est au contraire mouvante et ondoyante comme un ciel que font et défont les nuages, s’approche et repart comme une mer renouvelée. Et la voilà qui peint des choses qui ne bougent pas, dans le même temps où elle photographie des ombres à peine mobiles – dans un style légèrement connoté voire suranné, qui n’est pas sans évoquer certaines avant-gardes historiques, et le langage neuf des années 1920… Avec une délicatesse et une qualité de silence qui déjà n’appartiennent qu’à elle, Mégane Likin nous invite, à travers différents médiums, à une forme d’écoute et d’attention : dans le sapin rigide et déplumé, sous la brindille figée ou le sable rare, pour qui sait l’entendre, tout bouge, tout bruisse ; la moindre vie hésite, résiste — et timidement séduit. » (Emmanuel d’Autreppe, nov. 2018)

meganelikin.wixsite.com/bleu


Les photographies sont à voir à l’église Notre-Dame de Grand-Marchin – rue de l’église, 4570 Marchin.

© Mégane Likin
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