Made in Belgium in Paris.

Made in Belgium in Paris.

1000 1500 Brownie

Alors que la 21e édition de Paris Photo ferme ses portes, des expositions organisées en marge de la foire internationale de photographie d’art se prolongeront dans les prochains jours. Deux d’entre elles ont (étrangement ?) retenu notre attention.

Jeune 

A l’origine de ce projet, Pauline Hisbacq et Rebekka Deubner se sont entourées de six autres photographes avec le désir de proposer des regards neufs, inédits et vivants sur la jeunesse aujourd’hui.

Désir nul doute rencontré avec Jeune, exposition plurielle et éclectique où chacune et chacun, de façon personnelle et singulière, a photographié l’adolescence en France et ailleurs, en a interrogé les contours, les images, la nature.

La jeunesse y apparait tour à tour fragile, explosive, futile, incarnée ou symbolique, toujours expressive. Les images présentées parlent aux sens, aux souvenirs, éveillant des émotions, faisant naitre des interrogations qui restent en suspens.

Au vu de son double ancrage belge, nous nous permettons d’épingler la série présentée par Joseph Charroy. Originaire de Bordeaux mais amarré à Bruxelles, il a photographié en août dernier la fête foraine qui s’installe chaque été en bord de Meuse, à Huy.

© Joseph Charroy

Nicolas Cabos suit les évolutions d’un jeune athlète, Sony, déjà champion de France à la sortie de l’enfance. Martine Dawson évite de rattacher la jeunesse à une période particulière de la vie et s’intéresse plutôt à une intensité des émotions. On y explore le rapport au temps par le filtre du corps, un temps non linéaire. Rebekka Deubner livre une collection d’images issue d’une pratique au quotidien, focalisée sur le jeune corps comme signe inconscient du désir. Bérangère Fromont transcrit en images les tribulations nocturnes d’un groupe d’adolescents, entre fantômes et terrains de jeux, dans un village letton durant l’été 2015. Pauline Hisbacq évoque le chagrin d’amour et les désirs renaissants. Melchior Tersen photographie sa chambre et les fétiches accumulés depuis son enfance. Camille Vivier dévoile côte à côte ses nus, incarnations de la jeunesse idéale, interrogeant par le biais de la représentation des modèles nos canons de beauté.

L’ensemble de ces séries esquisse un portrait kaléidoscopique de la jeunesse d’aujourd’hui. L’exposition remet par ailleurs en perspective la nature même de l’enjeu documentaire. Dans cette multitude de relations au réel, elle revendique des approches sensibles, critiques et originales, tout en flirtant avec l’imaginaire ou le symbolique. 

Exposition à la Galerie du Crous (rue des Beaux-Arts, 11 – 75006 Paris), pour le festival Photo Saint Germain.
A découvrir jusqu’au samedi 18 novembre, de 11 à 19h.


Tiny Tears (les belges)

Les photographes belges Aurore Dal Mas, Katlijn Blanchaert et Peter Waterschoot ont accroché leurs oeuvres mélancoliques aux cymaises de la mi* Galerie.

Présenté par le commissaire Dieter Debruyne, le trio compose un univers crépusculaire bien de saison, fait de ‘persona non grata’ fangeuses, de notes introspectives et de caprices du temps. Leurs histoires personnelles faites de sombres pensées et de solitudes se mélangent parfaitement.

©Aurore Dal Mas
© Katlijn Blanchaert

Loin des éclaircies, ces no man’s land poussent pourtant aussi à l’onirisme, à une forme d’évasion douce entre nouvelle identité en devenir et rêves éveillés. Chacune à leur façon, les séries présentées perçoivent, explorent et remanient le monde. Elles appellent à une concentration et à une lenteur du regard. Ici pour « discerner » les photos de Polvere (Aurore Dal Mas), semblant faites d’une poussière noire, collante, toxique et pourtant éminemment attractive de par la douceur des pigments déposés sur le papier. Là pour pénétrer le flux des images cauchemardesques de Limen (Katlijn Blanchaert), racontant l’histoire d’un amour à sens unique. Le noir profond et la palette de couleurs mornes de cette série hautement sensitive communiquent tant de manière directe que plus subliminale. Là, enfin, en empruntant la voie tracée par Ikebana Blues (Peter Waterschoot) vers des lieux sans temps ni géographie, avec des mises en espace minutieuses se tournant vers l’abstraction.

Plongeant dans ces séries intimes, le spectateur court le risque autant que la chance d’être confronté à son propre état d’esprit.

Exposition à la mi* Galerie (rue Chapon, 23 – 75003 Paris), en collaboration avec Urbanautica Institute.
A découvrir jusqu’au samedi 25 novembre.

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