L’heure que je préfère – Anne-Sophie Costenoble

L’heure que je préfère – Anne-Sophie Costenoble

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L’heure bleue, celle où la nuit croise le jour, est affectionnée par les photographes. « L’heure que je préfère », signe même au crayon blanc Anne-Sophie Costenoble dans son livre.

De la série Du vent dans les coquelicots © Anne-Sophie Costenoble / 44 gallery

L’heure bleue est aussi celle à laquelle se rejoignent les amants, celle où les oripeaux du jour atterrissent dans un vestiaire ou sur le dos d’une chaise, celle où les corps et les esprits s’éveillent autrement, les sens à l’affut. Ce sont ces interstices, cette disponibilité là qui palpitent dans les photographies de la Bouverisoise, exposées pour quelques jours encore au Musée de la photographie de Charleroi.

Ses impressions évoquent le velours. Celui des rideaux de théâtre dont l’écran s’ouvre sur des scènes où les arts sont vivants. Celui aussi d’un élégant peignoir habillant une sensualité pleine. Ils en ont l’épaisseur, les reflets, et cette douceur qui disparaît si la caresse se fait du revers de la main.

Cela s’exprime dans l’exposition mais aussi dans la publication éponyme – une promesse d’intimité en plus pour le lecteur. Car on plonge alors dans ses photos comme dans des contes, plutôt version Perrault que Disney. On y retrouve le motif du passage de l’enfance à l’âge adulte, qu’Anne-Sophie Costenoble traverse à rebrousse chemin quand elle photographie. Imaginaires et émotions convoqués, on tourne et déplie les pages vers ce qui, en nous, résonne de primitif. Comme les contes, ses images semblent en fait dire quelque chose du sens de la vie.

Il y a peu de pas des contes aux rêves racontés… Et c’est ainsi que s’ouvre le premier des très jolis textes signés par David Courier. La photographe l’a rencontré pour la première fois… le jour où elle lui a offert le livre. Ces écrits, en effet, sont le fruit d’une correspondance, les photos de l’une inspirant le clavier de l’autre.

Tiens, ce livre, nous l’avions acheté lors de la récente exposition d’Anne-Sophie Costenoble dans le cadre de la Biennale de photographie en Condroz… Si l’on se remémore notre ressenti d’alors, on se dit définitivement que la sensibilité et la délicatesse qui transportent son travail sont à l’opposé de la fragilité. Une force, un souffle s’y expriment dans l’imprévisibilité d’un envol ou dans ces nudités qui se prolongent hors cadre. Quelque chose de sauvage, de vierge. De non apprivoisé.


L’exposition L’heure bleue est encore accessible jusqu’au dimanche 3 décembre au Musée de photographie de Charleroi.

Le livre L’heure bleue est une co-édition d’ARP2 et de la Maison de la Culture de Tournai.

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